Publié par : endirectdelascandinavie | 02/06/2012

le Danemark pendant la première guerre mondiale

Pendant la première guerre mondiale, le Danemark réussit à rester neutre tout en se conformant largement aux désirs des Allemands. Le grand Belt, en particulier, fut fermé par un barrage de mines, bien qu’un réglement international eût contraint le Danemark à assurer l’ouverture de ce passage maritime. Un contingent de sécurité considérable fut mobilisé et concentré autour de Copenhague. Les Danois ne sortirent pas indemnes de la guerre : 275 navires marchands furent coulés, environ 700 marins se noyèrent et près de 6000 soldats danois du Schleswig tombèrent en combattant pour les Allemands. Sur le plan économique, le Danemark se maintenait en équilibre entre les belligérances grâce à des accords commerciaux séparés, stipulant l’interdiction d’exporter des marchandises, de manière à éviter que les blocus ne soient forcés par des ré-exportations en provenance du Danemark.

En matière de politique intérieure, les partis conclurent une trève qui dura presque jusqu’à la fin des hostilités. En se basant sur les lois d’août 1714, le gouvernement et le parlement danois échafaudèrent un important système régulatuer dans presque tous les domaines socio-économiques : politique des prix, politique d’approvisionnement et de rationnement et dans une certaine mesure, politique de répartition, ce qui impliquait un net élargissement des compétences de l’Etat.

La trêve des partis pris fin immédiatement après l’armistice. L’opposition, c’est à dire le parti libéral et le parti populaire conservateur, réclamait la liquidation immédiate de la politique de régulation, mais le gouvernement hésitait de peur de rompre l’équilibre social, craignant également une crise d’après-guerre. En dépit de ces oppositions, un important ensemble de lois foncières, qui modifiaient le régime de propriété des grands domaines et intégraient des terres suffisantes pour la création de 6000 exploitations agricoles, fut adopté en 1919.

Pendant les dernières années de la guerre, des militants issus de la gauche s’opposèrent à la Social-Démocratie et à sa politique modérée, sur le plan politique et professionnel. Cette agitation était partiellement inspirée par les révolutions de l’Europe centrale et orientale et stimulée par une large misère sociale. En 1918-1919, ces travailleurs militants obligèrent le gouvernement à accepter la journée de huit heures, que le mouvement ouvrier revendiquait depuis 1889. Cette clause fut introduite, en même temps qu’une amélioration de l’indexation des salaires, dans la convention signée en 1919 par la Fédération du patronat danois et la Confédération des syndicats ouvriers.

La débâcle allemande offrit la possibilité de résoudre la question du Sud-Jutland. En effet, on procéda à des plébiscites dans le cadre des Traités de Versailles. Lors du premier plébiscite, qui eut lieu au nord du Schleswig le 10 février 1920, les trois quarts des habitants votèrent pour et un quart contre leur rattachement au Danemark. Le plébiscite qui eut lieu le 14 mars de la même année dans le Moyen Schleswig, y comprit Flensborg, donna le résultat contraire. Ces plébiscites ravivèrent des deux côtés les oppositions nationalistes. Dès 1919, le mouvement de Dannevirke avait milité pour obtenir une frontière le long de la ligne fortifiée de Dannevirke et, malgré le résultat du second plébiscite, des froupes de nationalistes formentèrent un puissant mouvement en faveur du retour de Flensborg au Danemark.

Fin mars 1920, la Droite mécontente de la politique de régulation et les nationalistes en colère à cause du tracé imminent de la frontière au nord de Flensborg, s’unirent pour attaquer violemment le gouvernement et contraindre le roi Christian X à le dissoudre. Le 29 mars, le roi révoqua le gouvernement de Zahle, provoquant ainsi la Crise de Pâques. Le parlement était en vacances de Pâques et aucune majorité ne s’était opposée à lui. Le lendemain, le roi désigna un gouvernement provisoire qu’il chargea d’organiser les élections. Cette décision de Christian X fut considérée comme un coup d’Etat par les Radicaux et les Sociaux-Démocrates, et le Mouvement des ouvriers se mobilisa massivement pour le rétablissement de conditions parlementaires, en brandissant notamment la menace d’une grève générale. Les ouvriers manifestèrement en grand nombre pour exiger la création d’une république. La menance d’un conflit généralisé contribua à aggraver la situation. Le matin de Pâques, après des négociations intenses, les chefs des partis parvinrent à un compromis, qui impliquait la nomination d’un nouveau gouvernement provisoire, dont la seule tâche serait d’organiser les élections. Bien que la crise eût été l’une des plus sérieuses de l’histoire politique récente du Danemark, sa résolution contribua néanmoins à consolider le principe du parlementarisme danois.

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