Publié par : endirectdelascandinavie | 16/05/2012

Les caractéristiques de l’Etat-providence scandinave

On emploie souvent l’expression d’Etat-Providence scandinave pour désigner la manière dont les Danois, les Suédois et les Norvégiens ont décidé d’organiser et de financer la protection sociale, la santé publique, l’éducation dans leurs pays respectifs. Car c’est bien là que les pays scandinaves se distinguent nettement des autres pays européens.

Le principe du modèle scandinave de protection sociale est d’accorder des aides à tous les citoyens qui remplissent les conditions requises, quelque soit leur situation sur le plan de l’emploi ou sur le plan familial. ce régime s’applique à tous, il est universel et les aides sont accordées à chacun individuellement. Cependant, pour avoir droit à l’assurance maladie et à l’assurance chômage, les allocataires doivent toujours avoir eu un emploi antérieur et parfois aussi avoir été affiliés à une caisse et avoir payé une cotisation. Mais la plus grande partie de ces prestations est toujours assumée par l’Etat et financée par des impôts généraux, et non principalement par des contributions réservées aux services sociax.

Dans les pays scandinaves, beaucoup plus que dans les autres pays européens, l’Etat est impliqué dans le financement et l’organisaton des aides sociales créées au bénéfice des citoyens. Parallèlement au modèle de la protection sociale, il existe donc un modèle fiscal basé à la fois sur une très large assiette et sur une pression fiscale élevée. Les aides accordées sont plus généreuses que celles du modèle britannique de Beveridge, et combinées avec le modèle fiscal, elles donnent lieu à une redistribution supérieure à celle du modèle Bismarck, plus conservateur du statu quo. Le modèle d’organisation scandinave est par ailleurs infiniment plus simple et immédiatement compréhensible que ceux des autres pays européens. En Scandinavie, la majeure partie des services sociaux sont pris en charge par l’Etat ou par des pouvoirs publics locaux. Ce n’est que dans une faible mesure qu’ils sont assumés par les individus, les familles, l’Eglise ou des organismes de bienfaisance, qui offrent des services couvrant l’ensemble du pays.

L’Etat providence scandinave se distingue aussi par le fait qu’il met largement à la disposition des citoyens des services publics souvent gratuits ou subventionnés au lieu de leur verser des prestations en espèces. Les services de santé et les établissements d’éducation sont gratuits. Dans le domaine social, l’organisation et le financement des revenus de transfert aussi bien que des services s’effectuent au sein du même système unifié.

Pendant la période qui suivit la Seconde Guerre mondiale, une part politiquement importante des ressources de la protection sociale scandinave visait à assurer le plein emploi de tous les citoyens. Il n’est plus possible d’atteindre ce but au Danemark depuis 1975. Dès cette période, le chômage est aussi devenu un problème crucial en Suède et en Norvège. Pourtant, les pays scandinaves sont les pays qui ont le taux d’emploi le plus élevé du monde, notamment parce que le taux d’activité des femmes y est presque égal à celui des hommes.

L’Etat-providence scandinave fonctionne au sein d’une économie de marché capitaliste réglementée, qui tend à mettre un frein à l’inégalité de répartition des revenus et à la concentration de la fortune et du pouvoir. Sur le plan politique, tous les pays scandinaves sont gouvernés par une démocratie parlementaire qui entretient des relations étroites aussi bien entre les intérêts des syndicats du patronats et des travailleurs du commerce et de l’industrie que du régime politique. L’absence de tension qui règne entre la population et le gouvernement central ainsi que les autres pouvoirs publics est une caractéristique fondamentale de ce régime politique.

Même dans les pays scandinaves, les discussions concernant l’organisation et le développement de l’Etat providence sont souvent un maillon important des luttes politiques. Cependnat, le qualificatif de  »modèle social-démocratique » que l’onne parfois à l’Etat providence induit en erreur. Tous les partis politiques scandinaves ont participé, dans l’ensemble, au développement de l’Etat providence. C’est le cas de tous les partis sans exception, qui ont siégé au gouvernement. L’Etat providence ne représente donc pas une idéologie sociale-démocratique commune, mais un compromis politique national sur le mode d’organisation et de financement des services sociaux, des services de santé et de l’éducation, que les politiciens ont décidé de mettre à la disposition de la population. Les partis ouvriers social-démocratiques n’ont donc pas inventé l’Etat providence scandinave, mais comparés aux autres partis, ce sont eux qui ont pris le plus d’initiatives. en même temps, le consensus qui règne entre les gouvernements politiques opposés concernant le développement de l’Etat providence a été infiniment plus grand dans les pays scandinaves que dans les autres pays européens. Le fait que les divergences de vues aient été plus réduites et la convergence des intérêts plus grande a permis la mise en place d’une protection sociale plus harmonieuse et dans plusieurs domaines plus étendue que dans la plupart des autres pays du monde.

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