Publié par : endirectdelascandinavie | 10/05/2012

le gouvernement des chefs de service et la résistance pendant l’occupation du Danemark entre 1940 et 1945

Le 29 août 1943 est considéré par la postérité comme le tournant décisif des relations entre le Danemark et l’Allemagne. La politique de collaboration avait pris fin, et comme le disait alors Werner Best,  »le cheval de parade politique Danemark était mort ».

Jusqu’à la libération, le pays fut administré par les chefs de services du ministères, par le biais de décrets ratifiés par la Cour suprême. La collaboration se poursuivit sur le plan administratif et la société danoise échappa à la nazification.

Les événements renforcèrent les sentiments anti-germaniques qui s’accentuèrent lors de la ragle des Juifs danois pendant la nuit du 2 octobre 1943. Grâce au double jeu mené par Best, en particulier, cette action fut un fiasco pour l’armée allemande, avec moins de 500 juifs arrêtés et emmenés en camp de concentration, où la plupart survécurent. Environ 7000 Juifs se réfugièrent en Suède.

A la mi-septembre, le Conseil de la Libération (Frihedsråder) fut constitué afin de diriger la lutte pour la libération du Danemark. Il comprenait des représentants des principaux groupes illégaux : les Communistes et Frit Danmark, le Rassemblement danois et l’Anneau (Ringen), dont Børge Houmann, Mogens Fog; Arne Sørensen et Frode Jakobsen étaient respectivement les membres essentiels. L’unité d’action fut facilitée par des directives de SOE, qui donna l’ordre, en décembre, de créer des groupes qrmés prêt à agir à l’arrière des troupes allemandes en cas d’invasion. Les premiers groupes armés furent formés par les Communistes et les membres du Rassemblement danois, les suivants par un nombre croissant de membres de Ringen, à cause, notamment, de la disparition de nombreux prisonniers, qui étaient soit incarcérés et déportés en Allemagne, soit internés au camp de Frøslev, environ 10000 personnes, soit réfugiés en Suède, environ 10000 personnes également.

la création de ces groupes armés grossit les rangs de la résistance, qui comptait environ 20000 personnes au début de l’année 1945 et environ 50000 à la libération.  Ces groupes étaient équipés d’armes légères provenant d’Angleterre ou de Suède. En revanche, les groupes de sabotage, comme BOPA et Holger Danske, à Copenhague, ainsi qu’en province, notamment le groupe Valther, basé à Odense, ne constituaient qu’une infirme partie de la totalité de ce contingent. Les opérations de sabotage étaient dirigées contre les voies ferrées, avec environ 1500 opérations, contre les industries qui travaillaient pour les Allemands et contre les navires et les chantiers navals, ce qui faisait environ 2800 opérations au total. Ces dernières constituaient une menace que les Allemands considéraient comme très sérieuse.

L’armée, dont le contingent avait été libéré en octobre 1943, opérait parallèlement avec le Conseil de la Libération. Les officiers s’étaient concentrés pour former des unités spéciales à Copenhague et une brigade appelée Danforce fut créée en Suède. Des officiers furent nommés à la plupart des postes de direction de l’appareil régional et à partir de juin 1944, le travail illégal fut financé sous le manteau par les caisses de l’Etat.

Le rapprochement qui eut lieu entre le Conseil de la Libération et les politiciens après la grève générale qui paralysa Copenhague, autour du 1er juillet 1944, les amena d’abord à adresser ensemble aux Alliés une demande de reconnaissance du Danemark comme pays allié, demande qui fut refusée, surtout en raison de la mauvaise volonté des Russes, ensuite à négocier la constitution du premier gouvernement qui suivrait la libération, négociations qui se terminèrent par l’attribution de la moitié des postes à chacune des parties.

Après le 29 août 1943, la chasse aux activités illégales avait été prise en main par la gestapo, la police allemande, à laquelle s’ajouta, au début de l’année 1944, ce qu’on appela la  »contre-terreur », c’est à dire assassinats de représailles et  »schalburgtage », d’après le nom du corps d’armée allemand Schalburg, en réponse aux attentats commis contre les membres de Wehrmacht et aux opérations de sabotage. Les efforts allemands pour forcer la police danoise à participer à la lutte contre le sabotage et au maintien de l’ordre et de la tranquillité pendant les grèves échouèrent et entraînèrent la suppresion de la police, le 19 septembre 1944, ainsi que la déportation de certains agents de police. La guerre et l’occupation coûtèrent la vie à environ 7000 Danois.

Les derniers mois de l’occupation furent marqués par l’augmentation furent marqués par l’augmentation de la pénurie et de la mauvaise qualité des produits, les affrontements entre les résistants et les Danois au service de l’Allemagne et la croissance de la délinquance. A partir de février 1945, le Danemark vit arriver environ 200000 réfugiés allemands, venant de la Prusse orientale. Cependant, la fin de la guerre était en vue. La capitulation des troupes allemandes stationnées au Danemark devant les Anglais entra en vigueur le 5 mai 1945. Elle ne concernait pas l’île de Bornholm, qui se trouvait dans la sphère opérationnelle des Russes. C’est pour cette raison que Bornholm ne fut englobée dans la capitulation générale que le 8 mai 1945 et que les villes de Rønne et Nexø durent subir les bombardements aériens des Russes quelques jours avant.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :