Publié par : endirectdelascandinavie | 08/05/2012

la politique de collaboration en difficulté pendant l’occupation du Danemark

Les difficultés de la politique de collaboration commencèrent au cours de l’année 1942, avec les activités illégales des résistants. Après la rupture, par les Allemands, du pacte de non-agression germano-soviétique, les communistes devinrent une force essentielle au sein de la résistance. En coopération avec des groupes du Parti populaire conservateur, ils organisèrent la résistance, créèrent le journal Frit Danmark (le Danemark libre) et effectuèrent des opérations de sabotage à partir du mois d’avril 1942. Le voyage de Christmas Møller en Angleterre début mai 1942 et les discours radiophoniques diffusés vers le Danemark qui le suivirent firent sensation. Dès le Nouvel an 1942, l’organisation britannique SOE (Special Operations Executive) en collaboration avec des membres du Rassemblement danois (Dansk Samling), commença à larguer des parachutistes au Danemark. Cependant, le ralliement de la population derrière les résistants illégaux, dont le nombre restait infime, était encore faible.

L’automne 1942 fut marqué par le mécontentement allemand devant la situation au Danemark, en particulier à cause des troubles qui eurent lieu pendant la permission des volontaires de Frikorps Danmark, mais aussi parce que la défense allemande avait besoin de renforts contre l’invasion. Hitler fut amené à intervenir personnellement dans la situation danoise lors de la crise diplomatique surnommée Telegramkrisen, causée par un télégramme extrêmement succinct envoyé par le roi à Hitler pour le remercier de ses voeux d’anniversaire, Renthe-Fink, le plénipotentiaire allemand au Danemark, fut remplacé par Werner Best et un nouveau commandant en chef, le général von Hanneken, fut envoyé au Danemark en novembre. L’Allemagne exigea que Scavenius, le ministre des affaires étrangères soit aussi nommé premier ministre et que le Danemark combatte les activités illégales des résistants. Von Hanneken exigea, de surcroît, l’évacuation du Jutland par l’armée danoise.

Werner Brest poursuivit la politique allemande habituelle en collaboration étroite avec Scavenius, parce qu’elle permettait d’une part la meilleure exploitation possible de la production danoise – les exportations danoises correspondaient environ à un mois de consommation allemande – et de l’autre le maintien de la paix et de l’ordre au Danemark en mobilisant un minimum de ressources allemandes. Best obtint des Allemands qu’ils ne s’opposent pas à la tenue des élections législatives régulières, le 23 mars 1943. Ces élections furent une épreuve de force entre les partis de la coalition et les archivistes. Avec une participation record de 89.5%, les premiers obtint 93.4% des voix, 2.1% votèrent pour le Rassemblement danois et 3.3% pour le parti nazi. Le Parti communiste, interdit, participa indirectement aux élections aux côtés de Frit Danmark, en organisant une campagne pour les bulletins blancs, à laquelle se rallièrent 1.2% des électeurs.

Un changement d’opinion se manifesta au cours du printemps et de l’été 1943, en raison d’abord de la  »lassitude de l’occupation », ensuite des défaites subies par les Allemands sur leurs fronts à partir de la fin 1942. Le nombre des grèves augmenta, de même que les opérations de sabotages, exécutées à partir du printemps 1943 avec des explosifs reçus d’Angleterre.

Néanmoins, la  »révolte du mois d’août » prit toutes les parties au dépourvu. Des grèves organisées par les communistes éclatèrent dans dix-sept villes, des usines, des bureaux et des magasins fermèrent, mais à Copenhague, les troubles graves qui les accompagnaient ne dépassèrent pas le stade de l’agitation. Les autorités politiques et professionnelles firent de leur mieux pour arrêter ce mouvement. L’armée allemande fit preuve de modération dans les villes frappées par la grève, mais demanda le désarmement de l’armée danoise, et Werner Best minimisa l’agitation danoise dans ses rapports à Berlin.

Hitler intervint en exigeant que le gouvernement danois instaure l’état d’urgence et la peine de mort pour les saboteurs. Le Danemark lui répondit par un refus. Le gouvernement présenta sa démission au roi le 29 août. Les Allemands entreprirent  le désarmement et l’internement de l’armée et de la marine danoises, mais la flotte de guerre se saborda et von Hanneken instaura l’était d’urgence militaire dans tout le pays.

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