Publié par : endirectdelascandinavie | 06/05/2012

la collaboration politique et économique pendant l’occupation du Danemark entre 1940 et 1945

En principe, l’armée allemande exigeait que les affaires qui la concernaient fussent jugées par ses propres tribunaux de guerre. De leur côté, les Danois affirmaient que la souveraineté du Danemark exigeait que les citoyens danois fussent toujours jugés par des tribunaux danois. Ce problème devint d’actualité en 1942, lorsque les opérations de sabotage se multiplièrent, et cette double juridiction menaça gravement la politique de collaboration.

La politique de collaboration avec l’Allemagne avait sa contrepartie en politique intérieure, dans la collaboration entre partis. Les représentants des Conservateurs et des Libéraux entrèrent au gouvernement social-démocrate en tant que ministres sans portefeuille. Le gouvernement de coalition proprement dit, qui fut formé en juillet 1940, comprenait deux ministres sans lien avec aucun parti, notamment Erik Scavenius, le ministre des affaires étrangères. La coalition gouvernementale avait le soutien de la population et le pays fut balayé par une vague de sentiment danois et de patriotisme, dont le roi était le patriarche et le point de ralliement.

Le gouvernement danois craignait que les Allemands ne placent le parti nazi danois au pouvoir, mais il ne s’agissait pas d’un danger réel, car les Allemands agitaient seulement les nazis danois comme un épouvantaille, mais personne ne le savait à l’époque, ni le gouvernement, ni les milieux du  »redressement », qui oeuvraient pour créer un gouvernement alternatif sans assise parlementaire, composé de spécialistes et d’experts.

Le commerce extérieur dut se tourner vers l’Allemagne, qui entendait s’assurer des produits agricoles bon marché en livrant notamment du charbon au Danemark. La montée des prix du début de la guerre fut amortie par une indexation des salaires sur le taux des prix. D’aileurs, cette mesure était conforme à la politique allemande, car les Allemands voulaient éviter que les travailleurs des pays qu’ils occupaient aient un niveau de vie supérieur à celui des ouvriers allemands.

La conjoncture qui en résulta fut favorable à l’agriculture danoise, tandis que les revenus réels des citadins baissèrent d’environ 20% en 1940 et que le chômage augmenta. Les échanges commerciaux germano-danois sous l’occupation rapportèrent aux Danois un bénéfice d’environ trois milliards de couronnes danoises dans la monnaie de l’époque, ils augmentèrent donc le pouvoir d’achat de la société danoise. Les travaux de construction et d’aménagement de l’armée allemande, en particulier les aéroports et les fortifications de la côte ouest, coutèrent environ cinq milliards de couronnes danoises et furent financés par des avances de la Banque nationale.

L’inconvénient de cette politique de collaboration était la dépendance du Danemark vis-à-vis de l’Allemagne. Les Danois devaient supporter, entre autres contraintes, les limitations de la liberté de la presse et durent éloigner de la vie politique des agitateurs comme le conservateur Christmas Møller et le social-démocrate Hans Hedtoft. Ils devaient tolérer les actions des nazis danois, malgré l’interdiction des réunions en vigueur. L’avantage de cette politique de collaboration fut qu’à l’inverse des autres pays occupés, le Danemark n’eut pas à subir la nazification de la vie sociale. L’armée, la flotte et la police étaient dirigées par des Danois. La démocratie continuait à fonctionner dans l’administration centrale et locale et personne ne vint se mêler du secteur de l’enseignement. Les organisations syndicales et tous les autres organismes associatifs restèrent intacts.

A l’occasion de l’offensive allemande contre l’Union Soviétique le 22 juin 1941, les Allemands exigèrent l’internement des dirigeants communistes danois, ce qui fut fait avec un zèle qui dépassait largement les exigences allemandes. Et pour couronner cette violation de la Constitution, le Parti communiste danois fut interdit et l’on tenta de purger les syndicats de leurs membres communistes.  Les communistes entrèrent dans l’illégalité et poursuivirent leurs activités, marquant ainsi le début de la résistance organisée au Danemark.

S’inclinant devant les exigences allemandes, le gouvernement accepta la création d’une unité danoise, nommée Frikorps Danmark, qui fut appelée à combattre le bolchévisme aux côtés des Allemands, ainsi que le ralliement du Danemark au pacte Antikomintern. Lorsque le premier ministre danois Strauning mourut en mai 1942, ce fut un collège de son parti, Vilhelm Buhl, qui lui succéda. La situation économique avait trouvé son assiette, le niveau des prix s’était stabilisé, le chômage avait régressé, notamment en raison de la demande de main d’oeuvre suscitée par les travaux d’aménagement allemands au Danemark, et le gouvernement réussit à réévaluer la couronne d’environ 8% par rapport au mark allemand.

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