Publié par : endirectdelascandinavie | 04/12/2011

la prose danoise

On constate, avec le temps, un changement dans le choix des genres : les courts textes en prose et les expériences stylistiques ont cessé de dominer le paysage littéraire. Les livres deviennent plus longs, plus proches de la réalité et le style est moins travaillé.

Les écrivains esplorent à présent un temps concret, un espace concret, dans des romans de voyages, comme Jeg har set verden begynde (J’ai vu le monde commencer) en 1996 et Jeg har hørt et stjerneskud (J’ai entendu une étoile filante) en 1997 de Carsten Jensen, des romans d’amour comme Lucca de Jens Christian Grøndahl en 1998 ou des romans autobiographiques comme Bonsai de Kirsten Thorup en 2000, traduit en français en 2004 sous le titre de Bonsaï, ou le récit du 11 septembre comme Den anden side af Krista X (L’autre face de Krista X) de Sven Holm en 2002.

Ce qui distingue cette période, c’est la poursuite de l’oeuvre dont tout le monde parle : le plus grand roman danois contemporain, des romans comme Lykke Per de Henrik Pontoppidan, écrit entre 1898 et 1904, traduit sous le titre de Pierre le Chanceux en 1947, ainsi que Jørgen Stein en 1932-1933 de Jacob Paludan et Løgneren de Martin A. Hansen en 1950, traduit en 1953 sous le titre de Le Menteur,  réédité en 1997, dont les auteurs ont brossé un tableau de leur époque en la dépassant.

Cependant, la plupart des écrivains se donnent un objectif plus limité, se bornant à décrire une génération ou un milieu. Dans Jorden under høje Gladsaxe (Le sous-sol de  høje Gladsaxe) de Camilla Christensen en 2002, elle fait une description inhabituelle d’une tour ‘habitation à Gladsaxe, en se concentrant sur Arthur, presque un perdant, qui entraîne le lecteur dans la vie quotidienne d’une banlieue bétonnée.

Jakob Ejersbo s’est fait largement connaître du grand public en publiant Nordkraft (Force nordique) en 2002, qui décrit le milieu des pushers. Ce roman est divisé en trois parties : « Junkiehunden » (le minable drogué), « Broen » (le Pont) et « Begravelse » (Enterrement), dont l’action se situe respectivement en 1990, 1992 et 1994. Chaque tome à son narrateur propre qui se concentre sur un sujet donné, mais les personnages se retrouvent souvent et les histoires s’entrelacent. Avec ses angles de vue biaisés, Nordkraft fait le portrait réaliste d’un groupe de jeunes appartenant à un milieu rarement décrit dans la littérature. L’auteur a une formation de journaliste et son roman se base sur de longues heures d’enregistrement sur cassettes et d’études sur le terrain, ce qui explique pourquoi le milieu et les dialogues nous semblent si véridiques.

Parmi les autres oeuvres qui ambitionnent le titre de grand roman contemporain, mentionnons Atlantic City, en 1996, de Jesper Ulrup Jensen, Petersens Kys (Le Baiser de Petersen) d’Eddie Thomas en 2002 et Album de Bent Q. Holm en 2002. Ce dernier roman suit le destin de trois garçons, des années 1970 jusqu’à la date de la sortie du roman, où nos héros sont devenus des adultes et ont fondé une famille.

Ingenmandsland (No man’s land) de Kirsten Thorup en 2003 est le portrait d’un vieillard malade dans une maison de retraite. C’est une histoire très forte et suggestive sur le no man’s land qui se situe entre la vie et la mort.

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